Le thème du Festival 2010

L'ÉCO-FÉMININ : L’ESPOIR POUR NOTRE TERRE !

En effet il devient vital de remettre en question ce mode de pensée binaire et conflictuel qui oppose masculin-féminin, humain-nature, raison-émotion… ce qui justifie dans notre monde la prépondérance du masculin sur le féminin, de l’homme sur la nature, de la raison sur l’émotion, du cerveau gauche sur le cerveau droit... avec les dégâts que l’on sait ! Or il est temps de mettre en place un paradigme non dualiste, où le féminin tempère les excès du masculin, où yin et yang s’équilibrent, chez la femme comme chez l’homme, afin de modérer les aspects prédateurs ou destructeurs du masculin, et vivifier les émergences créatrices du féminin.

Partout dans le monde, aujourd’hui comme hier, ce sont les femmes qui créent du lien et sont proches des valeurs séculaires de respect de la terre et de solidarité entre tous les êtres vivants. Ce sont elles aussi qui se retrouvent dans le quotidien face aux questions fondamentales que posent l’alimentation, l'éducation, et l’écologie.

Ces derniers temps, face à une crise écologique de plus en plus pressante, et après un sommet de Copenhague dont les décisions restent décevantes, on voit dans de nombreux pays des femmes qui s'auto-déterminent pour choisir leur destin en proposant des alternatives de vie et en effectuant des choix essentiels pour elles-mêmes, pour toute la société, et pour l'avenir de la planète.

Un mode de pensée au féminin n’est pas l’exclusivité des femmes, et l’on voit aussi des hommes se dresser pour accomplir un travail remarquable, allant dans le sens d’un changement écologique et social.
Voici plusieurs exemples :

En Islande, au lendemain de la crise financière qui a terrassé leur pays, des femmes ont créé des structures de mise en commun d'aliments, de vêtements, et de logements, pour empêcher que leurs compatriotes ne se retrouvent à la rue ; ces Islandaises ont même repris en main leur système bancaire et financier, de façon à ce que les nouveaux investissements aient tous une base éthique et saine. L’Islande est ainsi devenu le laboratoire de l'action des femmes face à la crise.

Et peu importe de savoir si le masculin et le féminin relèvent de la nature ou de la culture ! Car ici à Planète Honnête, nous pensons qu’il est urgent d’opter pour une troisième voie qui réunit les supposés contraires : une voie médiane, qui n’occulte plus le féminin, mais développe une pensée responsable et transversale, où féminin et masculin s’allient dans une lucidité humaniste et éclairée, pour mettre leurs intelligences et leurs qualités respectives en résonance avec le vivant.

Au Kenya, Wangari Maathai, prix Nobel de la paix, surnommée « the Tree Mother of Africa » a créé voilà trente ans la « Ceinture Verte », une ONG qui a planté 30 millions d’arbres à travers le Kenya, afin d’empêcher l’érosion des sols. Elle incite tous les responsables qu’elle rencontre, à l’ONU et de par le monde, à relever leurs manches, creuser un trou et planter (au moins) un arbre.

Au Qatar, le taux d’alphabétisation des femmes est passé de 50 à 90% en l’espace de 15 ans, grâce à l’action d’une femme, Sheikha MOZAH, épouse de l’émir du Qatar, incitant son pays à investir massivement ses pétrodollars dans l’éducation, avec une scolarité gratuite et obligatoire jusqu’à la fin du collège, afin de contrer extrémismes et frustrations, et viser une société plus juste.

Au Brésil, le mouvement de Chico Mendes et une partie de la Funai se mobilisent encore pour sortir les Indiennes du trafic de prostitution généré par des garimpeiros (chercheurs d'or), en particulier dans la région des Xingus.

En Afrique Sub-saharienne, des médecins travaillent dans des dispensaires, protégés par des militaires, soignant et recueillant des femmes victimes d’excision.

En Inde et au Bangladesh, l'organisation "Frères des Hommes" (organisation masculine) milite pour défendre les droits des femmes.

Ces exemples et tant d’autres témoignent de la nécessité de penser globalement et d’agir localement. Face aux crises, cataclysmes et pollutions de tous ordres, il ne s’agit plus de pointer les responsables, mais il est urgent de penser et d’agir en conscience, pour ancrer un monde éco-féminin et solidaire : un monde qui sauvegarde la vie sous toutes ses formes et préserve notre terre, notamment à travers ce sens du sacré, trop souvent oublié en Occident, mais que les Peuples Premiers nous transmettent depuis toujours.

Nous vous espérons aussi nombreux, aussi passionnés, bref aussi déterminés à penser et à agir pour le devenir pacifique et prospère de notre planète.